
 |
Pierre Tchernia*
Qui sont ces deux Gauloises dans le genre Bonnemine dont celle de droite ressemble à un Hardy sans Laurel ? Mystère ! Anne Goscinny, une ancienne petite fille qui est aussi une future maman a levé un coin du voile de l'inauguration : les deux dames sont les mamans des deux copains, nos amis, deux nigauds disent-elles. Que va-t-il se passer ? C'est bien la première fois, depuis 1960, que je découvre un nouvel Astérix par un tout petit bout, une vignette isolée... 31e album... 1488 pages... pas loin de 18 000 cases. Des cases de toutes dimensions : parfois c'est un gros plan d'Astérix, parfois une vue générale de Rome avec les cirques, les temples, les palais et la foule, et les chars, et les chevaux (les grandes heures d'Uderzo).
Plonger dans un nouvel album est un grand plaisir. Ça commence dans le village ? Est-ce qu'il y a Falbala ? On va aller à Rome ?... On dévcouvre les nouveaux personnages comme un jour de rentrée des classes et on retrouve les habitudes, un sanglier par Toutatis !
On chemine doucement dans une histoire nouvelle où l'humour de l'un donne la main à la naïveté de l'autre.
Et puis... Et puis voila qu'on s'aperçoit qu'on est déjà à la page 43. On sent que s'approche le terrfiant banquet final pourtant si joyeux : l'histoire va finir. Il reste à refermer l'album et à voir comment s'inscrit, au dos de celui-ci, la liste des volumes déjà parus.
Heureusement il reste, toujours intact, le plaisir de le relire, tout de suite ou un autre jour, car tel est l'heureux pouvoir des belles histoires, on sait qu'"il était une fois" peut se redire un grand nombre de fois.
*Homme de télévision, mémoire du cinéma, "Magic Tchernia".
| 

 |
|